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Date de création : 13.01.2012
Dernière mise à jour :
20.03.2013
20 articles
Octobre 2011
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. Une Europe particulière
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. En Europe, seuls trois pays arrivent à atteindre un taux de croissance de leur richesse supérieur au taux d’augmentation de la charge de leur dette. Partout ailleurs, le niveau d'endettement croît, croît… L’Europe reste prisonnière de ses rigidités internes. La défense de l’Euro et de son actuel système financier lui coûte de plus en plus cher. Tous les indicateurs sont au rouge (chômage, inflation, pauvreté, frustrations, confiance…).
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. Dans ce contexte, deux doctrines s’affrontent :
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- une partie de l’establishment veut imiter les Nord-Américains en « injectant » toujours plus de liquidités et de dettes. La BCE achète donc des dettes souveraines et la création souhaitée des fameux eurobondsest promue. Cette opération profitera essentiellement aux Etats les moins vertueux, aux banquiers imprudents et aux grandes firmes endettées (les mêmes qui ne créent plus d’emplois depuis longtemps, paient peu d’impôts et délocalisent leur production). Il n’y aura pas de création rapide d’emplois, ni de production de richesses nouvelles comme le montre le cas des USA.
- au nom de l’équitéet de la bonne gouvernance, des pays « vertueux » comme l’Allemagne, les Pays-Bas, la Finlande… souhaitent imposer des règles drastiques en matière de dépenses publiques (la fameuse règle d’or). Ce qui revient à mettre sous tutelle (de la BCE) les Etats dépensierscontraints de quémander des aides pour boucler leurs fins de mois. Finis les relances keynésiennes, les impasses budgétaires et autres éléments de souveraineté. Il faut gérer l’Etat ou la collectivité comme un bon père de famille ou un bon bourgeois du XIXe siècle.
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.Le paradoxe actuel est que ces deux visions s’appliquent simultanément. Des effets directs : un pouvoir accru donné aux Pays forts (devinez qui ?). L’affectation des fonds européens sera fonction de leurs (ses) visions, de leurs (ses) stratégies et de leurs (ses) intérêts. Les épargnants et les contribuables seront massivement sollicités.
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. Or en Europe, qui dispose de la plus grande réserve d’épargne privée ? Réponse : les Français. Dans quels pays les systèmes fiscaux sont les plus efficients ? Réponse : l’Europe du Nord et la France. Soyons clairs. Français votre épargne privée est en danger. Contribuables français, vous serez aussi très sollicités.
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Un Grand chantier
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. La remise en marche d’une entreprise, d’un pays ou d’un système nécessite de porter un bon diagnostic sur la situation, de définir des remèdes adaptés au malade et que ce derniers suit bien les prescriptions (l’observance) quitte à ajuster le cas échéant les traitements aux évolutions et aux circonstances.
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. Le problème actuel est qu’en Europe, la plupart des dirigeants veulent appliquer le même remède à tous sans tenir compte de l’existence de systèmes, d’antécédents, de cultures et de besoins qui sont très différents. La rigidité de leur approche est telle que des milliards d’euros sont ainsi gaspillés en pure perte.
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.La France possède deux fabuleux atouts : une population en croissance et une épargne privée importante. Il ne lui manque qu’un projet de société qui permet d’orienter cette épargne vers des activités productives. La récente création de la nouvelle banque publique (Oseo, CDC entreprises et FSI) va dans le bon sens. Il faut aussi éviter tout projet de captation ou de détournement de cette richesse comme essaient de le faire des organisations européennes ou des opérateurs financiers transnationaux. Ceux-ci n’hésitent pas à se cacher derrière des concepts comme « solidarité », « entraide », « protection de l’Europe »… pour essayer de contraindre les Français à sacrifier une partie de leur épargne.
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. Le nouveau monde sera celui des entrepreneurs : autoentreprises, TPE, PME et PMI. C’est dans ce milieu que se retrouvent aussi les vrais actionnaires qui investissent dans la durée, accompagnent les entreprises et prennent des risques. C’est aussi ce milieu qui innove, crée des emplois et de la richesse.
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. La guerre des monnaies inéluctable
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. Ce second semestre de 2011 a débuté par la perte de près de 10.000 milliards USD partis en fumée avec la chute des bourses. La « crise » grecque et les manipulations autour de l’Euro ne doivent pas cacher une autre réalité bien plus dangereuse.
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. La paralysie du système politique des Etats-Unis jusqu’aux élections de fin 2012, leur incapacité à mettre en place des mesures sérieuses de réduction de leurs déficits, les tensions croissantes notamment avec les militaires et les bénéficiaires des aides sociales, l’absence de projets économiques viables et durables, des revenus fiscaux insuffisants faute de croissance, une crise de bons municipaux prête à éclater, un Président de moins en moins crédible au plan national et international… conduisent mécaniquement ce pays à utiliser sa dernière arme : la monnaie. Même situation au Royaume-Uni : la dépression s’installe durablement et entraine déjà des poussées de violences, ce qui incite le Gouvernement à adopter une active politique de dévaluation compétitive.
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. Monde étrange que celui d’aujourd’hui : des pays comme la Chine, les USA, l’Union Européenne, la Royaume-Uni… dévaluent leurs monnaies pour exporter et relancer leur économie. Ils ne se rendent pas encore compte que tout le monde fait la même chose en même temps, qu’ils augmentent le poids de leurs dettes et que leurs clients potentiels à l’international se font de plus en plus rares. En plus, ils introduisent chez eux le spectre de l’inflation, ce qui va effrayer les épargnants, mécontenter les classes laborieuses et produire de nombreux conflits. A quand un grand Bretton Woods pour éviter la catastrophe ? La réponse est chez les Politiques des différents pays. Or, ils sont quasiment tous en campagnes électorales. Dure, dure s’annonce l’année 2012. Mais le monde pourra-t-il attendre jusque là ?
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.Un « nouvel Euro » pour bientôt ?
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. Tout dépend de l’Allemagne (qui possède actuellement le leadership démographique, économique et financier en Europe) et de la France (qui sera notamment le pays européen le plus peuplé dans une vingtaine d’années). Sauront-ils inventer prochainement un nouveau système ? Il ne doit pas ressembler à cette forme d’intégration politique (cette fameuse Fédération)à laquelle aspirent la plupart des élites. Ce système est celui des USA et nous voyons tous les jours ses risques et les conséquences néfastes. Il ne doit pas être aussi cette zone de libre échange financière façon britannique qui est un vieux modèle éculé tout droit sorti du XIXe siècle qui favorise les forts et tue la diversité. .
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. Allemagne et France doivent inventer un autre système plus efficace, plus souple et plus respectueux des réalités des peuples. Un projet consiste notamment à favoriser une monnaie commune (et non unique) garantie par une libre association de pays membres qui acceptent une même discipline basée sur la bonne gouvernance, la bonne gestion, la transparence, la solidarité….Une sorte de serpent monétaire permettrait aux autres monnaies (par exemple : livre sterling, rouble…) d’évoluer dans un cadre précis comme c’est déjà le cas pour la Zone Franc (CFA) en Afrique et le Franc Suisse. Des pays pourraient librement lui donner « cours légal » chez eux. Plus de souplesse, de pragmatisme et de coopération...
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. L’administration bruxelloise (et la Commission) entend vouloir conserver la trajectoire intégrationniste. Une coordination des opposants s’organise et s’appuie sur le « Parlement Européen » où les petits pays sont surreprésentés. Des lobbies pro-anglo-saxons entendent protéger le dollar et la livre sterling. Tous unis pour contrer l’émergence de ce duopole quitte à s’immiscer dans les campagnes électorales des deux pays concernés en soutenant des candidats différents des dirigeants actuels. .
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. Les partisans de l'intégration vont d’ailleurs proposer une accélération de l'Europe politique avec l’adoption d’un nouveau traité d'intégration qui devrait être soumis à un référendum commun d'ici 2015. L’objectif : passer au-dessus de l’opposition des Français et des Hollandais en considérant que les Européens forment un seul peuple.
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. Démocratie, respect des peuples, souveraineté…. de simples « mots » pour tant de décideurs actuels qu’ils souhaitent les transformer en « maux ». Leur but est de culpabiliser les « tenants du passé » en les transformant en « égoïstes », en « réactionnaires », en « partisans de la guerre », en « bouc émissaire »… Ce ne sera pas la première fois dans l’histoire que les accusateurs essaient de cacher leurs manquements, leurs incompétences et leurs erreurs en reportant leur responsabilité sur d’autres (qui pourtant n’ont pas exercé le pouvoir).
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Jean-Michel Oudjani
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. HUMEUR
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.Moyens de ponctionner l’épargne des Français
- imposer un emprunt obligatoire européen à tous les épargnants ou contribuables des pays de la zone Euro. Sachant que les Français sont les principaux épargnants européens et que dans certains pays, l’évasion fiscale est endémique, devinez qui va supporter le risque de voir son patrimoine fondre ? Serait-ce le retour des emprunts russes ?
- lancer unemprunt forcé à la française :Giscard d'Estaing et François Mitterrand y ont déjà eu recours. Cette méthode est d’ailleurs envisagée par les principaux candidats à la Présidentielle. Problème : quel taux et sur quoi le baser ? L’Or ? Depuis l’emprunt de Raymond Barre, pas question ! Et si on supprimait le taux d’intérêt comme la très libérale Californie ?